Pour sa première édition, Les pionnières du cinéma, cycle dédié aux réalisatrices françaises, met un coup de projecteur sur Alice Guy, première femme cinéaste de l’histoire.

Engagée par Léon Gaumont comme secrétaire, elle découvre sa vocation de réalisatrice après avoir assisté à la première projection des frères Lumière en 1896. De la France aux États-Unis où elle a créé sa propre société de production, elle a réalisé près d’une centaine de films, dont beaucoup ont aujourd’hui disparu.

Ignorée pendant des années par les historiens du cinéma, malgré la parution de ses mémoires en 1976, elle commence aujourd’hui à être réhabilitée et reconnue grâce à d’importants travaux de recherche et de revalorisation de son œuvre, d’une étonnante modernité.

Pendant tout le mois de novembre, une exposition dédiée à sa carrière sera présentée dans le hall du cinéma Agnès Varda.

 

« Fille d’un éditeur, j’avais beaucoup lu, pas mal retenu. J’avais fait un peu de théâtre d’amateur, et je pensais qu’on pouvait faire mieux. M’armant de courage, je proposai timidement à Gaumont d’écrire une ou deux saynètes et de les faire jouer par des amis. Si on avait prévu le développement que prendrait l’affaire, je n’aurais jamais obtenu ce consentement. Ma jeunesse, mon inexpérience, mon sexe, tout conspirait contre moi. »

Autobiographie d’une pionnière du cinéma, 1873-1968 (éditions Denoël-Gonthier, 1976).