Arnolphe a élevé sa pupille Agnès dans l’isolement le plus total afin de faire d’elle une épouse soumise et fidèle. Mais l’innocence équivaut-elle à l’ignorance ? La violence semble être la langue naturelle d’Arnolphe : parler, pour lui, c’est dominer. Vivre ? « Se garantir de toutes les surprises. » Aimer ? Posséder et façonner : « Ainsi que je voudrai, je tournerai son âme. » Le sérieux du projet se donne pour sagesse, mais Chrysalde, l’ami, ne s’y trompe pas : « Je le tiens pour fou de toutes les manières. »
Aveuglé, Arnolphe se prend pour un héros de tragédie, mais il n’y a là d’autre fatalité que la logique d’une lubie qui se retourne contre lui : « Jusqu’où la passion peut-elle faire aller ? ». Hélas, le bonhomme se trompe de genre : il n’y a pas de tragédie du cocuage ! Agnès, sous nos yeux, s’éveille aux sensations, au sentiment, à la parole enfin qui, une fois conquise, constitue la véritable école de liberté. L’oiseau est prêt à s’envoler. L’École des Femmes, ou la défaite d’une tyrannie…
Oui, Molière toujours, pour le défi, l’irrespect, la liberté par émancipation, qui laisse Arnolphe pantelant, « ne pouvant plus parler – Oh ! » sera son dernier mot. Exit.
Sous les rires.

En savoir + : L’École des femmes

Distribution

De MOLIÈRE

PHILIPPE ADRIEN Mise en scène

Avec PATRICK PAROUX, VALENTINE GALEY, PIERRE LEFEBVRE, JOANNA JIANOUX, GILLES COMODE, PIERRE DIOT, RAPHAËL ALMOSNI, VLADIMIR ANT

JEAN HAAS Décor – PASCAL SAUTELET assisté de MAËLLE PAYONNE Lumières – STÉPHANIE GIBERT Musique et Son – CIDALIA DA COSTA Costumes – SOPHIE NIESSERON, PAULINE BRY Maquillages

CLÉMENT POIRÉE Collaboration artistique

MARTINE BELLOC Direction technique

Crédits

©Pascal Sautelet